L'essentiel
- La VoIP désigne une technique de transport de la voix sur un réseau IP ; la ToIP désigne le système téléphonique complet de l'entreprise (postes, standard, accueil, annuaire).
- Toute ToIP utilise la VoIP, mais toute offre « VoIP » n'est pas un système téléphonique complet.
- Le protocole SIP établit les appels, le protocole RTP transporte la voix ; un appel peut sonner normalement et pourtant mal passer.
- La qualité réelle dépend surtout du réseau (latence, gigue, perte de paquets) plus que du codec (G.711, G.729, G.722).
- Face à un devis « VoIP », cinq questions permettent de savoir si l'on achète un simple raccordement ou un standard clé en main.
Sommaire
VoIP et ToIP circulent comme deux noms pour la même chose. Dans une conversation, la confusion ne gêne personne. Dans un devis, elle peut coûter cher : une offre présentée comme « VoIP » peut désigner un simple raccordement comme un système téléphonique complet, et ces deux produits n'ont ni le même prix ni le même périmètre.
La VoIP : une façon de transporter la voix
La voix sur IP désigne une technique. La voix est numérisée, découpée en petits paquets de données, puis acheminée sur un réseau IP — le même type de réseau que celui qui transporte les courriels et les pages web.
Ce réseau peut être Internet lui-même, ou un réseau opérateur géré. Un appel passé depuis une application de messagerie, un softphone sur ordinateur ou un raccordement SIP entre un standard et un opérateur relèvent tous de la VoIP. Le terme ne dit rien de l'équipement ni de l'organisation : il décrit seulement le mode de transport.
La ToIP : un système téléphonique complet
La téléphonie sur IP désigne l'ensemble du système téléphonique d'une entreprise quand il repose sur ce réseau : les postes, le standard, l'annuaire, les règles d'accueil, les renvois, la messagerie. Ce système utilise la VoIP pour faire circuler la voix, mais il ne s'y résume pas.
Autrement dit, toute ToIP utilise la VoIP, mais toute VoIP n'est pas de la ToIP.
| VoIP | ToIP | |
|---|---|---|
| Nature | Technique de transport de la voix | Système téléphonique d'entreprise |
| Périmètre | Les communications | Postes, standard, accueil, annuaire, communications |
| Exemple | Appel depuis un softphone, raccordement SIP | Standard cloud ou IPBX avec postes IP |
| Question à poser | Par quel réseau passent les appels ? | Qui fournit, paramètre et maintient le système ? |
Les deux protocoles qui font fonctionner l'ensemble
Deux protocoles se partagent le travail. SIP établit l'appel : il fait sonner le bon poste, gère la mise en attente, le transfert et la fin de la communication. RTP transporte la voix elle-même, une fois l'appel établi.
Cette distinction a une conséquence pratique : un appel peut s'établir correctement, et sonner normalement, alors que la voix passe mal. Le problème se situe alors dans le transport, pas dans la signalisation.
Les codecs et la qualité d'appel
Le codec détermine comment la voix est compressée. Trois reviennent dans la plupart des offres professionnelles :
- G.711 restitue la qualité d'une ligne téléphonique classique, sans compression. Il consomme de l'ordre de 100 kbit/s par communication une fois les en-têtes réseau comptés.
- G.729 compresse fortement la voix pour économiser la bande passante, au prix d'une qualité légèrement inférieure.
- G.722 offre une voix dite HD, sur une bande de fréquences élargie, nettement plus naturelle quand les deux extrémités la prennent en charge.
La qualité réelle dépend pourtant moins du codec que du réseau. Trois indicateurs la gouvernent : la latence, le délai de transmission ; la gigue, la variation de ce délai ; et la perte de paquets. Une connexion au débit élevé mais irrégulière produit des voix hachées que le meilleur codec ne corrige pas.
Internet public ou réseau opérateur
La différence est souvent invisible dans une plaquette, et elle compte. Des appels acheminés sur un accès internet ordinaire traversent des réseaux sur lesquels personne ne garantit la priorité de la voix. Des appels acheminés sur un lien opérateur géré peuvent bénéficier d'une qualité de service de bout en bout, avec des engagements écrits.
Pour une petite structure aux usages simples, un accès internet de bonne qualité suffit en général. Pour un accueil téléphonique critique, la question des garanties mérite d'être posée explicitement.
Pourquoi la question se pose maintenant
Le réseau cuivre ferme progressivement, commune par commune, jusqu'en 2030. Les lignes analogiques et numériques historiques disparaissent avec lui, et toute la téléphonie d'entreprise bascule vers l'IP. Pour la plupart des entreprises, la question n'est donc plus de savoir s'il faut passer à la VoIP, mais sous quelle forme.
Ce que la nuance change dans un devis
Face à une offre présentée comme « VoIP », cinq questions distinguent un raccordement d'un système complet :
- Le standard est-il inclus, ou seulement l'acheminement des appels ?
- Qui fournit les postes, et sont-ils loués ou achetés ?
- Qui paramètre l'accueil — groupes, horaires, messages — et qui le modifie ensuite ?
- Par quel réseau passent les appels, et avec quelles garanties de qualité ?
- La portabilité des numéros et le support sont-ils compris dans le prix ?
Une offre de trunk SIP à bas prix et un standard cloud clé en main peuvent tous deux s'appeler « VoIP ». Les réponses à ces cinq questions disent lequel des deux on vous propose.
Pour aller plus loin : le trunk SIP expliqué, quel standard téléphonique pour une entreprise, migrer du RTC vers la VoIP, softphone ou poste fixe et le glossaire télécom.