L'essentiel
- La 2G ferme dès 2026 chez Orange, SFR et Bouygues Telecom ; la 3G suit fin 2028 chez Orange et SFR, fin 2029 chez Bouygues Telecom.
- Les équipements concernés sont surtout ceux qui contiennent une carte SIM oubliée : alarmes, téléphones d'ascenseur, terminaux de paiement, capteurs, traceurs de véhicules.
- L'inventaire se fait à partir des factures opérateur, des contrats de maintenance et d'un tour des locaux.
- Selon l'équipement, il faut remplacer le module, changer d'appareil ou changer de mode de transmission.
- Le principal risque est logistique : faire l'inventaire tôt évite la saturation des installateurs juste avant l'extinction.
Sommaire
La fermeture des réseaux 2G et 3G est souvent présentée comme un sujet de téléphones anciens. Pour une entreprise, ce n'est presque jamais là que se situe le problème. Les smartphones du parc sont compatibles 4G depuis longtemps. Ce qui va s'arrêter, ce sont les équipements discrets qui contiennent une carte SIM et que personne ne regarde plus : l'alarme, le téléphone de l'ascenseur, le terminal de paiement de secours, les capteurs de l'atelier.
C'est exactement le scénario de la fin du réseau cuivre, avec le même angle mort.
Le calendrier, opérateur par opérateur
La 2G ferme la première, dès 2026. La 3G suit deux à trois ans plus tard.
| Opérateur | Extinction 2G | Extinction 3G |
|---|---|---|
| Orange | par vagues à partir du 31 mars 2026, généralisation entre le 22 septembre et le 20 octobre 2026 | fin 2028 |
| SFR | novembre à décembre 2026 | fin 2028 |
| Bouygues Telecom | à partir du 15 novembre 2026, généralisation début décembre 2026 | fin 2029 |
| Free Mobile | suit le calendrier d'Orange, faute de réseau 2G propre | — |
Orange a commencé par trois communes des Pyrénées-Atlantiques — Biarritz, Anglet et Bayonne — avant d'étendre aux Landes puis à d'autres départements. Le calendrier précis évolue : l'ARCEP publie une fiche pratique destinée aux entreprises, et chaque opérateur tient à jour sa propre page. Ce sont les sources à consulter pour une date exacte.
Ce qui va réellement s'arrêter
La question à se poser n'est pas « ai-je des téléphones 2G », mais « où y a-t-il des cartes SIM dans mon entreprise ». La liste est presque toujours plus longue que prévu.
- Les alarmes et la télésurveillance. Beaucoup de centrales transmettent par GSM, souvent en 2G, parfois en secours d'une ligne filaire. Une transmission qui ne part plus ne déclenche aucune alerte visible : le défaut se découvre lors d'un incident.
- Les téléphones d'ascenseur. La ligne de secours d'une cabine est une obligation de sécurité. Quand elle passe par un module GSM 2G, elle devient muette à l'extinction.
- Les terminaux de paiement, en particulier les terminaux mobiles et ceux configurés en secours d'une liaison filaire.
- Les capteurs et automates : relevés de température, suivi de cuves, compteurs, bornes, machines industrielles avec télémaintenance.
- Les traceurs de véhicules et les boîtiers de géolocalisation d'une flotte.
- Les téléphones de secours des postes isolés, et les anciens téléphones de service.
Comment faire l'inventaire
Aucun de ces équipements n'apparaît spontanément. Trois sources permettent de les retrouver.
Les factures opérateur. Chaque carte SIM active y figure, y compris celles dites M2M, souvent facturées quelques euros par mois et jamais relues. C'est la source la plus fiable, et la plus rapide.
Les contrats de maintenance. Ascensoriste, télésurveillance, monétique, maintenance industrielle : ces prestataires savent quel mode de transmission équipe leur matériel, et beaucoup ont déjà anticipé la question.
Le terrain. Un tour des locaux permet de repérer les boîtiers oubliés : local technique, gaine d'ascenseur, atelier, réserve, parking.
Pour chaque équipement trouvé, trois informations suffisent : la technologie supportée, l'opérateur, et si un remplacement ou une mise à jour est possible.
Trois façons de traiter le sujet
Remplacer le module. Certains équipements acceptent un module de communication 4G en remplacement du module 2G, sans changer l'appareil lui-même. C'est souvent le cas des centrales d'alarme et des modules d'ascenseur récents. C'est la solution la moins coûteuse quand elle existe.
Changer d'équipement. Pour du matériel ancien, le module n'est plus disponible ou plus supporté. Le remplacement devient l'occasion de revoir le contrat de maintenance qui va avec.
Changer de mode de transmission. Un équipement peut parfois passer par le réseau de l'entreprise plutôt que par une SIM, à condition d'accepter la dépendance à la connexion internet. Pour une alarme, cette dépendance se contredit avec sa fonction : le GSM reste préférable, en 4G.
L'erreur de calendrier à éviter
Le risque n'est pas technique, il est logistique. Quand des milliers d'entreprises découvrent le sujet au même moment, les installateurs, ascensoristes et sociétés de télésurveillance saturent. Les délais d'intervention s'allongent au pire moment, c'est-à-dire juste avant l'extinction.
La fin du réseau cuivre a produit exactement cet embouteillage. Faire l'inventaire maintenant, puis traiter les équipements au rythme des visites de maintenance déjà prévues, coûte nettement moins cher qu'une campagne dans l'urgence.
Le cas particulier des cartes SIM M2M
Une carte SIM dite M2M, pour machine à machine, alimente un équipement et non un utilisateur. Elle se facture peu, se renouvelle par tacite reconduction et n'est presque jamais auditée. C'est la raison pour laquelle ces lignes survivent des années après que l'équipement a été débranché — et inversement, pourquoi des équipements essentiels dépendent d'une ligne que personne ne surveille.
L'extinction de la 2G est une bonne occasion de remettre ce parc à plat : identifier chaque ligne, vérifier qu'elle correspond à un équipement en service, et confirmer sa compatibilité avec les réseaux qui resteront.
Pour aller plus loin : les lignes GSM M2M pour alarme et ascenseur, l'inventaire du parc télécom, la gestion de flotte mobile et la fin du réseau cuivre.